Pointes de fleches - 2

Article écrit par Alchimiste, le Wed 15-Feb-2017 09:43:06.

Source : "A who is who in arrowhead", édité par la Dutch Warbow Society

Pointe « perce-maille »
La principale protection jusqu'au milieu du moyen-âge était la cotte de maille. Ces pointes longues et effilées étaient prévues pour entrer dans les anneaux des mailles, les ouvrir sous le choc et passer outre pour blesser le combattant. Suite à cela, les cottes de mailles passèrent progressivement des mailles « aboutées » (cercle fermé bout à bout) aux mailles « rivetées » (cercle fermé par un rivet, plus solide). Puis les cottes de mailles furent progressivement abandonnées et remplacées par les armures de plaques.

Illustrations : test d'une pointe recréée sur une maille rivetée, pièce de fouille.


Pointe en aiguille
Cas particulier de la pointe « perce-maille », gardant une section faible pour une longueur pouvant aller jusqu'à 10cm. Malgré l'alourdissement de la pointe, ce type de flèche était efficace sur les cottes de maille et les jacques allant jusqu'à 16 épaisseurs de lin. Ces pointes étaient par contre très fragiles et totalement inefficaces contre un obstacle « solide » (tel que les armures de plaque).

Illustrations : croquis de pièces de fouilles à Urquhart Castle (Ecosse), pièce de fouille (Amsterdam)


Pointe « Botkin »
Remplaçant les « perce-maille », ces pointes étaient prévues pour percer les cuirasses des chevaliers. Elles permettaient également de passer outre les gambisons et les jacques, protections de multiples couches de lin et de cuir. Plus courtes et plus massives que les pointes « perce-maille », on en connait de nombreux exemples différents, variant en longueur, en profil et en section (allant du carré au losange). Ces pointes ont été utilisées lors des batailles de Crécy et Azincourt.

Illustrations : Concordantiae Caritatisc (1349-1351), sections de pièces de fouilles (Amsterdam)


Pointe barbillon dite « de Poitiers »
Des pointes à barbillons ont été utilisées, en plus grand format que pour la chasse, lors de la bataille de Poitiers (1356), si on se réfère aux tableaux et enluminures représentant cette bataille. Ces pointes pouvaient être efficaces contre les gambisons de lin rembourrés et les chevaux. Elles pouvaient avoir un certain effet également sur les cottes de plaques. Ces pointes étaient prévues pour provoquer de larges blessures tout en étant d'un poids assez léger pour ne pas déséquilibrer le vol à longue distance (plus loin que pour de la chasse).

Illustrations : Bataille de Poitiers, Jean Froissard (1356) & le Maitre de Londres Wavrin (1473-1476).

Mise a jour du texte par Anne La Genereuse, le Thu 8-Jun-2017 22:01:24.